Un bon brief évite bien des dérapages.
Un cahier des charges de site internet sert à cadrer les objectifs, le périmètre, les contenus, les contraintes techniques et les livrables pour obtenir un site utile, mesurable et simple à faire évoluer. Google rappelle qu’un site pensé pour les utilisateurs aide aussi les moteurs à comprendre le contenu, et que Search Console permet de suivre les performances d’un site dans la recherche. (developers.google.com)
C’est aussi le bon moment pour poser noir sur blanc les règles liées aux formulaires, aux cookies et à l’accessibilité, afin d’éviter de découvrir les sujets de conformité au milieu du projet. La CNIL insiste sur la minimisation des données et sur l’information des personnes, tandis que le W3C structure l’accessibilité autour des WCAG. (cnil.fr)
Un site efficace ne repose pas sur des suppositions : il doit être pensé pour les personnes qui l’utilisent, puis validé sur des critères clairs de contenu, de structure et de performance. (developers.google.com)
Pourquoi un cahier des charges change vraiment la suite du projet
Sans document de cadrage, chacun projette ses propres priorités : le dirigeant pense business, le prestataire pense production, et l’équipe interne pense usage. Le cahier des charges devient alors la référence commune. Il réduit les allers-retours, évite les demandes de dernière minute et permet d’arbitrer plus vite les compromis entre design, contenu, technique et budget. Google rappelle d’ailleurs qu’un site structuré de façon claire est plus facile à comprendre, et qu’un contenu utile et fiable doit être conçu pour les personnes avant tout.
Pour une TPE ou une PME, l’intérêt est très concret : vous ne demandez pas “un beau site”, vous demandez un site qui sert un objectif précis. Cela peut être obtenir plus de demandes de devis, vendre en ligne, rassurer des prospects, recruter, ou mieux référencer des pages métiers. Plus l’objectif est clair, plus le prestataire peut proposer une structure utile et des livrables adaptés.
Le modèle à remplir section par section
Vous pouvez utiliser la trame ci-dessous comme base de travail avant d’envoyer votre brief à un freelance ou à une agence. L’idée n’est pas de produire un dossier interminable, mais un document exploitable, lisible et validable sans ambiguïté.
Tableau récapitulatif du modèle à compléter
| Section | Ce qu’il faut préciser | Pourquoi c’est utile | Exemple de formulation |
|---|---|---|---|
| Contexte | Votre activité, votre marché, votre offre et le problème à résoudre. | Le prestataire comprend le besoin réel, pas seulement la demande initiale. | “Refondre un site qui génère peu de contacts qualifiés.” |
| Objectifs | Le résultat attendu, avec des indicateurs simples à suivre. | Le projet reste orienté business et non uniquement esthétique. | “Obtenir davantage de devis via le formulaire.” |
| Périmètre | Type de site, pages incluses, fonctionnalités et limites du projet. | Vous évitez les zones grises et les ajouts non prévus. | “Site vitrine de 6 pages avec blog et formulaire.” |
| Contenus | Qui rédige, qui valide, et quels contenus doivent être livrés. | Le site ne bloque pas parce que les textes manquent. | “Textes fournis par le client, optimisation SEO par le prestataire.” |
| Technique | Nom de domaine, hébergement, sécurité, accès et outils de suivi. | Vous sécurisez la base du projet avant le développement. | “Mise en ligne avec HTTPS, analytics et sauvegardes.” |
| Conformité | Formulaires, cookies, mentions d’information et accessibilité. | Vous anticipez les obligations légales et les bonnes pratiques UX. | “Formulaire conforme RGPD et gestion des cookies.” |
| Planning | Jalons, validations, corrections et date de mise en ligne. | Le projet avance par étapes avec des attentes claires. | “Validation maquette, puis intégration, puis recette.” |
1. Décrire le contexte et le problème à résoudre
Commencez par expliquer pourquoi le projet existe. Un prestataire doit comprendre si vous voulez moderniser une image de marque, générer plus de demandes commerciales, créer un premier site, ou refondre un site devenu trop lent ou difficile à gérer. Si vous partez de zéro, la création d’un site internet étape par étape vous aide à structurer vos priorités avant même de rédiger le brief.
- Décrivez votre activité en une phrase claire et compréhensible par un non-spécialiste.
- Précisez votre zone géographique, vos cibles et vos principaux concurrents perçus.
- Expliquez le problème actuel du site ou l’absence de site.
- Indiquez pourquoi le projet est lancé maintenant.
2. Fixer des objectifs business mesurables
Un site internet n’est pas seulement un support de communication. Il doit produire un effet concret : appels, formulaires, réservations, ventes ou prise de rendez-vous. Google recommande d’ailleurs de suivre les performances dans Search Console pour comprendre comment un site se comporte dans la recherche. Intégrer les indicateurs dès le cahier des charges évite de découvrir trop tard qu’aucun suivi n’a été prévu. (developers.google.com)
- Choisissez un objectif principal par projet pour éviter les priorités contradictoires.
- Ajoutez deux ou trois indicateurs secondaires, comme le nombre de demandes ou le taux de clic.
- Définissez ce qui sera considéré comme un succès à 3 mois, puis à 6 mois.
- Précisez les outils de mesure attendus, notamment le suivi des formulaires et du trafic.
3. Définir le périmètre fonctionnel du site
Cette section doit dire très clairement ce qui fait partie du projet et ce qui n’en fait pas partie. C’est ici que vous choisissez la nature du site, le nombre de pages, les fonctionnalités nécessaires et les éventuelles options futures. Si vous hésitez entre plusieurs formats, commencez par distinguer un site vitrine d’une boutique en ligne pour éviter de cadrer un mauvais niveau de complexité.
- Indiquez si le projet concerne un site vitrine, un site e-commerce, un site de services ou une refonte.
- Listez les pages obligatoires, les pages souhaitées et les pages exclues du projet.
- Précisez les fonctionnalités attendues, comme un formulaire, une prise de rendez-vous, un blog ou un espace client.
- Ajoutez les limites du périmètre pour éviter les “petits extras” qui font exploser le budget.
4. Construire l’arborescence et les contenus
L’arborescence doit être pensée comme un parcours utilisateur, pas comme un simple menu. Les visiteurs doivent comprendre rapidement où cliquer, quoi lire et quelle action faire. Une structure claire facilite aussi le travail SEO, car le contenu et les pages prioritaires sont mieux organisés. Pour aller plus loin sur l’organisation des pages et des liens, consultez le guide complet du maillage interne.
- Écrivez la liste des pages dans l’ordre de priorité pour votre activité.
- Précisez qui fournit les textes, qui les corrige et qui les valide.
- Définissez les preuves à afficher : réalisations, avis clients, chiffres, photos ou cas concrets.
- Anticipez les contenus manquants pour ne pas bloquer le calendrier de production.
5. Prévoir les exigences SEO dès le brief
Le référencement ne se traite pas après coup. Le cahier des charges doit mentionner les intentions de recherche visées, les pages à positionner, les règles de titrage, les besoins en maillage interne et la logique éditoriale globale. Si vous publiez régulièrement du contenu, pensez aussi à la structure des thèmes, car Google insiste sur le fait que les contenus utiles doivent répondre à des besoins réels et aider l’utilisateur à décider.
- Listez les mots-clés ou thèmes prioritaires, sans surcharger le document.
- Précisez les pages qui doivent être optimisées pour le référencement naturel.
- Indiquez les éléments techniques attendus, comme les balises title et les méta descriptions.
- Demandez un suivi après mise en ligne pour vérifier que les pages se positionnent correctement.
6. Cadrer la partie technique : domaine, hébergement et sécurité
La base technique doit être écrite dans le cahier des charges, car elle conditionne la stabilité du site, son référencement et sa maintenance. Vous pouvez par exemple prévoir la gestion du nom de domaine, la qualité de l’hébergement et la mise en place d’un certificat SSL. Pour approfondir ces points, vous pouvez vous appuyer sur les bonnes pratiques pour choisir un nom de domaine, sur le choix d’un hébergement web adapté et sur la sécurisation du site avec SSL et HTTPS. L’ANSSI rappelle par ailleurs que les certificats qualifiés d’authentification de site internet attestent l’identité du titulaire et le nom du site correspondant. (cyber.gouv.fr)
- Précisez qui achète et qui administre le nom de domaine.
- Indiquez le niveau d’hébergement attendu, selon le trafic et les besoins de maintenance.
- Demandez les accès d’administration, les sauvegardes et les mises à jour de sécurité.
- Ajoutez les outils de suivi nécessaires, comme les balises analytics et Search Console.
7. Intégrer la conformité RGPD, les cookies et l’accessibilité
Si votre site collecte des demandes de devis, des inscriptions ou des prises de contact, vous devez cadrer la collecte des données dès le départ. La CNIL rappelle que les formulaires doivent limiter la collecte au strict nécessaire et informer les personnes sur les finalités, la base juridique, le caractère obligatoire ou facultatif, les destinataires, la durée de conservation et les droits. Pour les cookies et autres traceurs, la CNIL précise qu’une information préalable et, dans certains cas, un consentement sont nécessaires avant dépôt ou lecture.
Pour l’accessibilité, le meilleur réflexe est de préciser un niveau d’exigence dès le brief. Le W3C structure les WCAG autour de principes destinés à rendre le contenu percevable, opérable, compréhensible et robuste. La version 2.2 comporte 13 lignes directrices et a été approuvée comme norme ISO/IEC en 2025, ce qui montre que le sujet est désormais un standard de projet, pas un bonus. (w3.org)
- Ajoutez une mention de collecte de données pour chaque formulaire important.
- Définissez le besoin exact en bandeau cookies, avec ou sans mesure d’audience.
- Précisez les attentes en contraste, lisibilité, navigation clavier et alternatives textuelles.
- Demandez au prestataire comment ces points seront testés avant la mise en ligne.
8. Encadrer les livrables, le planning et la recette
Un bon cahier des charges ne décrit pas seulement le site à livrer, il décrit aussi la manière de le valider. C’est là que vous fixez les livrables attendus, les jalons, le nombre de retours inclus et les critères d’acceptation. Pour une refonte, ajoutez les pages à reprendre, les contenus à migrer et les éventuelles redirections à prévoir, afin que le projet reste propre jusqu’à la mise en ligne.
- Listez les livrables finaux : maquettes, textes, intégration, mise en ligne et documentation.
- Définissez les étapes de validation : cadrage, maquette, développement, recette et publication.
- Indiquez le nombre de cycles de correction inclus dans le projet.
- Précisez qui donne le feu vert final avant la mise en ligne.
Les erreurs fréquentes à éviter
La plupart des projets dérapent pour les mêmes raisons : un besoin formulé trop vaguement, un périmètre qui change en permanence, des contenus livrés trop tard et des validations floues. Le cahier des charges sert justement à rendre ces zones grises visibles avant de démarrer.
- Vouloir “un site moderne” sans définir l’objectif concret derrière cette demande.
- Oublier la place du contenu, alors que les textes et les preuves commerciales font souvent la différence.
- Ne pas préciser les responsabilités entre le client et le prestataire.
- Penser au design avant d’avoir cadré les pages, les parcours et les conversions.
- Ignorer la partie technique jusqu’au moment où le site doit être mis en ligne.
FAQ sur le cahier des charges d’un site internet
Comment rédiger un cahier des charges pour la création d'un site internet ?
Commencez par le problème à résoudre, puis précisez l’objectif du site, son périmètre, ses pages, ses fonctionnalités et ses contraintes. Ensuite, ajoutez les éléments techniques, les règles de validation et les livrables attendus. L’objectif est d’obtenir un document simple à relire, pas un dossier de plusieurs dizaines de pages. Si vous voulez un cadre opérationnel, pensez toujours à écrire comme si un prestataire découvrait votre activité pour la première fois.
Quelles informations doivent figurer dans un cahier des charges site web avant de lancer un projet ?
Il faut au minimum le contexte, les objectifs, la cible, l’arborescence, les contenus, les contraintes techniques, les éléments de conformité et le planning. Pour un site qui collecte des données, ajoutez les règles RGPD et les cookies. Pour un site qui doit être visible sur Google, ajoutez le suivi SEO et les indicateurs de performance. Plus vous rendez ces points explicites, plus le prestataire peut chiffrer et produire sans ambiguïté.
Quel modèle de cahier des charges utiliser pour un site internet vitrine ou e-commerce ?
Le squelette reste le même, mais le niveau de détail change. Un site vitrine demande surtout de clarifier les pages, les preuves commerciales et les formulaires. Un site e-commerce doit aller plus loin sur le catalogue, les fiches produits, les moyens de paiement, la logistique et les parcours de conversion. Si vous hésitez encore entre les deux, un cadrage préalable est essentiel pour éviter de demander un site trop simple ou trop complexe par rapport à votre activité.
Comment évaluer les livrables et le planning dans le cahier des charges d'un site internet ?
Évaluez chaque livrable avec un critère de validation clair : contenu validé, maquette approuvée, intégration conforme, formulaires testés, site sécurisé et mise en ligne prête. Pour le planning, découpez le projet en étapes visibles avec des dates de validation, plutôt qu’en une seule échéance finale. Cela vous permet de corriger plus tôt, de limiter les retards et de garder un vrai contrôle sur le résultat. Un bon planning précise aussi qui attend quoi, et à quel moment.
Quelles sont les sections importantes d'un cahier des charges pour un site web ?
Les sections les plus utiles sont le contexte, les objectifs, le périmètre, les contenus, le design, la technique, la conformité et le planning. Si vous manquez de temps, gardez au moins ces huit blocs : ils couvrent l’essentiel pour cadrer un prestataire. Ensuite, vous pouvez ajouter des annexes, des exemples visuels, des inspirations ou des contraintes spécifiques selon votre secteur d’activité.
Et maintenant ?
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